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Le Secrétaire de Section : Pascal Dizengremel

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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 10:40

REUNION PUBLIQUE SUR LE THEME DE LA SANTE

3 FEVRIER 2012, Clermont

Intervention de clôture par Jean-Marie LE GUEN

 

Madame, Monsieur, Cher(e)s Ami(e)s,

 

Nous avons eu des témoignages, sur lesquels évidemment je vais revenir, de très grande qualité et je voulais vous dire le plaisir que j’ai à me retrouver ce soir à vos côtés. Je remercie mes amis responsables élus socialistes de l’Oise d’avoir pris cette initiative.  D’abord celle de m’inviter (ma hotte est pleine, je pourrai repartir tout à l’heure avec des messages -vous les avez notés, moi aussi-). Je ne sais pas s’ils ont misé sur le bon cheval, en tout cas le cheval est chargé, surtout avec à l’ordre du jour ce thème de la santé.

Merci donc à Yves ROME, votre Président de Conseil général, à Claude GEWERC, Président de Région, à Michel FRANCAIX, mon collègue à l’Assemblée Nationale,André VANTOMME, Béatrice LEJEUNE, Lionel OLLIVIER, Sylvie HOUSSIN, et à mon amie Laurence ROSSIGNOL, notre jeune Sénatrice de l’Oise. Tout ça pour vous dire que je suis ici avec beaucoup d’amis et en les entendant vous avez vu combien ils sont amoureux de leur territoire, combien ils sont engagés, combien ils sont proches des préoccupations qui sont les vôtres et, chacun dans leurs responsabilités, avec des valeurs qui sont celles de la solidarité, du développement des territoires, du respect des citoyens.

 

C’est ça aussi, ce qui fait la force d’une démocratie et d’une formation politique comme le Parti socialiste. Vous avez comme moi entendu le témoignage de professionnels de santé engagés sur vos territoires et vous avez entendu à la fois leurs interrogations,mais aussi le témoignage de leur engagement qui touchait à la qualité des soins qu’ils prodiguent à leurs compatriotes et non pas pour nous parler, ce qui aurait été par ailleurslégitime, des difficultés qu’ils rencontrent dans leur propre carrière professionnelle. Non, ils ont parlé des soins, ils ont parlé de leur métier, de notre santé et je veux les remercier ici chacune et chacun parce qu’ils ont exprimé combien -malgré les difficultés que nous connaissons et malgré tout ce que nous pouvons espérer le 6 mai- nous ne sortirons pas comme ça par miracle des difficultés, mais vous pouvez compter sur les professionnels qui sont engagés. Et, nous responsables politiques, nous avons l’ambition du changement, ce changement que nous voulons pour maintenant. Nous savons aussi que ce changement, il ne se fait pas que par des lois ou par des décrets, mais qu’il se fait avec des femmes et des hommes qui sont mobilisés. Et de voir des professionnels de santé de cette qualité se battre justement pour ce qui nous est commun, je crois que c’est particulièrement important et essentiel.

 

Alors à Clermont, nous sommes sur un territoire profondément hospitalier, hospitalier par la qualité de ses habitants bien sûr, mais aussi par ses métiers essentiels et la présence de deux hôpitaux importants pour cette commune et qui rayonnent très largement dans l’Oise, et même pour tout vous dire à Paris, parce que l’hôpital de Clermont est un hôpital psychiatrique qui pour partie hospitalise encore des Parisiens de l’ouest des beaux quartiers. Je voulais vous dire combien je sais que cette ville est marquée par cette dimension hospitalière. Mais ce qui me frappe aussi au-delà  des témoignages des uns et des autres, c’est, malgré un climat qui n’est pas très favorable, votre présence, votre assiduité à tout ce qui a été dit ce soir. Parfois, ce sont des sujets un peu techniques, un peu compliqués.

 

Eh bien, vous êtes là parce que je le crois la santé est un des thèmes qui est en train de monter et non pas au-devant des médias. Les médias nous parlent de petites choses -du service de sécurité de François HOLLANDE, de ceci de cela, des signatures des uns et des autres- bon finalement assez secondaires par rapport à nos préoccupations et par rapport à notre vie quotidienne.On parle moins dans le débat politique au niveau des médiasde la santé, mais par contre à chaque fois que je rencontre des collègues,  des élus, tous me disent combien aujourd’hui  la santé est un thème dominant qui revient dans les réunions publiques, dans les préoccupations des familles, dans ce que leur disent les gens à eux les élus, parce que dans notre pays l’inquiétude assez fondamentale est en train de monter sur l’avenir de notre système de santé.

La santé c’est à la fois notre bien le plus précieux, le plus fragile :chacun d’entre nous, dans sa famille, autour de soi, pour soi-même, nous pouvons connaître ces moments graves ou douloureux et nous avons besoin à la fois d’avoir un système de santé qui nous prenne en charge et puis aussi d’une sécurité sociale qui nous donne les moyens d’accéder à ces soins. Et pour tout cela et bien aujourd’hui les Français qui savent combien ces questions sont assez compliquées parce qu’il y a des docteurs, parce que l’on fait appel à des savoirs, parce qu’on emploie des termes. On voit bien que c’est un système où beaucoup de gens interviennent en même temps. Ce n’est donc pas forcément très lisible. Mais beaucoup de nos concitoyens nous disent qu’ils sentent bien combien aujourd’hui la situation se dégrade et combien ils sont inquiets. Et avant même de parler de ces inquiétudes et de les décrire, je voudrais vous dire comment pour François HOLLANDE ces questions sont d’abord et avant tout des questions essentielles.

 

La santé c’est une question intime j’en parlais, mais c’est aussi une question de société tout à fait essentielle qu’il faut aborder avec une volonté politique, une clarté politique très grande. La santé c’est un facteur de progrès comme peu dans la société, comme peu d’autres domaines. C’est à la fois le progrès individuel et de ce point de vue ces deux dernières années ont amené des choses tout à fait remarquables. Nous avons connu ces dix dernières années pratiquement trois mois d’espérance de vie. Mais derrière ces éléments de progrès, avec des découvertes scientifiques qui continuent à exister, une prise en charge des personnes toujours plus sophistiquée, et bien malgré tout, il y a une croissance tout à fait importante et préoccupante des inégalités devant la santé. Les espérances de vie continuent à être très différentes selon les régions, selon les catégories sociales : plus de sept ans d’espérance de vie en moins pour les ouvriers par rapport aux cadres supérieurs. On voit que là il y a des inégalités qui sont parmi les inégalités les plus choquantes, même si elles ne sont pas toujours les plus connues. Alors donc, la santé c’est un facteur de progrès à condition évidemment que ce progrès soit partagéque ce soit pour tous. La santé c’est aussi un élément de justice tout à fait essentiel. Vous parliez de la santé scolaire, c’est vrai que le potentiel santé de chacun des individus ne se développe pas dès la petite enfance à égalité et que les inégalités devant la santé qui se caractérisent depuis les questions dentaires, optiques mais aussi des troubles de l’apprentissage sont aujourd’hui fort mal pris en charge et créent des inégalités  d’avenir.On n’aura pas la capacité à bien suivre l’école, à avoir des parcours scolaires et demain des parcours professionnels, si on est au point de départ, frappé par un certain nombre de handicaps. Je parlais des handicaps sensoriels liés aux yeux, aux oreilles, le langage, les capacités d’apprentissage.On voit aussi des épidémies tout à fait  considérables pour l’avenir de notre société : l’épidémie d’obésité qui sévit chez les enfants, chez les plus jeunes chez les adultes aussi, chez les enfants. Un jeune enfant obèse à une espérance de vie de moins de onze ans par rapport à son petit camarade qui ne l’est pas.

 

Vous voyez que ce sont des enjeux de société absolument majeurs en termes d’égalité. Et puis la santé contrairement à ce que nous raconte toute la journée un certain courant d’idées -vous voyez celui auquel je pense-, la santé ce n’est pas une charge, la santé ce n’est pas un fardeau pour notre société, la santé c’est un investissement pour notre société. En tout cas c’est ce que nous a dit François HOLLANDE hier : la santé c’est non seulement miser sur l’avenir individuel de chacun, améliorer les capacités de toute une population à s’éduquer, à travailler, à vivre tout simplement, c’est développer de l’espoir dans la société mais c’est aujourd’hui aussi des potentialités scientifiques et économiques tout à fait considérables.

 

Je ne vais pas ici faire la liste de tous les progrès qui sont en train d’être faits dans la neuroscience, dans la génétique, mais ce sont des éléments qui vont avoir des répercussions considérables non seulement sur la médecine, mais aussi sur tout un tas d’industries qui vont donner pour notre santé mais aussi pour l’environnement des éléments de progrès, de compétitivité économique des champs d’emploi, de croissance, de valeur ajoutée qui sont tout à fait essentiels. On me disait que, notamment dans l’Oise, vous avez une chimie très moderne qu’on appelle la chimie verte. Eh bien, on voit bien comment  les biotechnologies joueront aussi un rôle en dehors de la santé, aussi bien  dans l’énergie, dans l’alimentation, que dans les textiles, justement parce qu’on a investi dans la science, dans ces sciences du mouvement, dans ces biosciences qui, demain, vont nous permettre d’avoir de nouveaux produits, de nouvelles possibilités. Donc la santé -ne croyez pas ceux qui sont toujours à geindre sous le coup des charges, sous le coup de l’assurance maladie-, c’est un investissement dans la recherche, dans le bonheur des personnes, ce sont des éléments très importants auxquels évidemment nous croyons et que nous voulons mettre en place avec François HOLLANDE.

 

A côté de ça évidemment, je serai rapide car vous le connaissez, je voudrais revenir très rapidement sur le bilan qui est tout à fait catastrophique de Nicolas SARKOZY depuis cinq ans dans ce domaine.Car je pense que c’est sans doute insuffisamment dénoncé même si nos amisdes mutuelles le rappelaient à juste titre à cette tribune : les cinq ans qui sont passés sont vraiment un échec de la part de Nicolas SARKOZY.

D’abord ce que vous connaissez sans doute tous,c’est ce développement des remboursements des franchises, la flambée des dépassements d’honoraires qui fait que le reste à charge -ce que doivent payer nos compatriotes- s’est très largement développé.

Demander aux hôpitaux de travailler pour la rentabilité, pour le profit : ça la grande masse des soignants l’on refusé. Alors qu’est-ce qu’il a fait ; il a fabriqué une loi, la fameuse loi HPST dont parlait notre ami qui a mis de côté tous les personnels soignants et la pensée médicale. Ce profit est celui d’un seul chef d’entreprise, soit disant le patron de l’hôpital qui était d’ailleurs soumis à une pression considérable des pouvoirs publics, pour essayer de sacrifier l’emploi hospitalier, diminuer l’emploi. Croyait-il pourvoir résoudre les déficits-ce qui n’a pas été du tout le cas-. Ce sont les emplois, ce sont les services, ce sont les hôpitaux qui ont été sacrifiés, mais les résultats financiers ne sont pas là et nos hôpitaux sont toujours malheureusement lourdement déficitaires. Et donc cette loi HPST a été très mauvaise et incapable de résoudre le problème des déserts médicaux qui n’ont cessé de se développer. Et Laurence a raison de dire que ça a commencé dans les territoires les plus ruraux mais qu’aujourd’hui, pratiquement, c’est l’ensemble du territoire national qui est touché. Vous parlez à juste titre de la Picardie -tu parlaisde Compiègne- mais est-ce que vous savez même que dans le nord-est parisien -qui pourrait le croire ?-, en tant qu’adjoint au Maire à la santé de Bertrand DELANOE,je suis obligé d’intervenir pour mettre en place des maisons de santé parce que l’accès aux soins dans ce quart nord-est parisien n’est plus assuré, alors que nous sommes évidemment théoriquement parmi les territoires les plus protégés et quelque part effectivement longtemps considérés comme privilégiés.

Alors à cela il faudrait en plus parler de l’exécrable gestion des crises sanitaires. Faut-il rappeler ici le fiasco de la grippe H1N1 où on a commencé à faire croire que l’on pouvait soigner sans les médecins, que c’était en quelque sorte l’organisation préfectorale qui devait pouvoir vacciner, ce qui a abouti à une crise de défiance invraisemblableet malheureusement compréhensible entre la population et les pouvoirs publics qui ne croit plus, qui ne croyait plus à la parole de santé publique de ce gouvernement, ce gouvernement essayant de mettre de côté les médecins et refusant d’associer les professionnels de santé.

Enfin, quelques mots pour dire que la situation des finances de l’assurance maladie de la sécurité sociale, que nous laissera le gouvernement actuel d’ici quelques mois, est largement déficitaire.  Déficitairedepuis des années : plus de dix milliards d’euros à chaque fois, chaque année, une dette qui a cru de plus de 100 milliards d’euros et tout ça pèse évidemment sur l’avenir de notre système de santé.

La réalité, c’est qu’on a laissé s’enfoncer la sécurité sociale dans une situation qu’il nous faudra effectivement remonter parce que nous avons besoin d’une assurance maladie équilibrée.  Il en va de l’avenir de notre système de santé, il en va de l’avenir de l’accès aux soins des Français. Cela nous demandera indiscutablement du temps et des efforts, du sérieux dans la gestion.

 

Alors maintenant quelques mots sur les principales orientations qu’à développées François HOLLANDE, puisque pas plus tard qu’hier il faisait son discours programme sur la santé. Il y avait déjà la semaine précédentedes parties substantielles qui concernaient la santé.  Mais comme nous travaillons avec sérieux et que nous voulons, nous, que cette campagne électorale se fasse sur les questions de fonds pour améliorer la vie quotidienne de nos compatriotes, nous avons hier fait des propositions à travers un discours assez long de François HOLLANDEdont je voudrais ici en rappeler quelques éléments.

Je veux  dire combien ce que propose François HOLLANDE est un véritable changement.  Un changement nécessaire par rapport à la politique de Nicolas SARKOZY. La première des choses est que François HOLLANDE a le courage de dire qu’il faudra bien sûr s’occuper des questions de soins mais qu’il faut que la France, il faut que notre pays  acquiert une nouvelle culture et une nouvelle politique en matière de prévention.  Nous voulons effectivement que l’on ne se contente pas simplement de récupérer les dégâts lorsqu’ils sont constatés.  Prendre en charge la souffrance, accompagner dans la douleur et parfois dans la maladienos compatriotes est bien nécessaire, mais il faut, et c’est l’évidence,d’abord faire en sorte que nous ayons une politique de prévention. Et il faudra une politique volontaire de santé au travail et on commencera par rendre son indépendance à la Médecine du travail qui a été aujourd’hui complètement aliénéeau service du patronat.  Nous ferons en sorte que ces médecins du travail renforcés dans leur pouvoir soient enfin indépendants du patronat de façon à pouvoir agir et s’exprimer sur la santé au travail. Nous relancerons, François HOLLANDE l’a annoncé, un plan de recherche sur l’environnement.  Nous n’avons pas le temps d’y revenir, mais Laurence ROSSIGNOL avait raison de dire que de plus en plus d’informations scientifiques démontrent l’influence de l’environnement sur des pathologies, on parle des cancers, on parle de maladies endocriniennes, on parle d’un certain nombre de problèmes sur lesquels nous devons agir pour connaître mieux comment des environnements négatifs en matière de chimie, en matière de radio protection peuvent aujourd’huiposer un certain nombre de questions et ainsi avoir une meilleure prévention. Je ne sais pas si cette région a été particulièrement touchée, mais je l’imagine, connaissant ces liens avec l’industrie automobile. Faut-il rappeler ici le drame de l’amiante, plus de 100 000 morts, des gens qui ont eu 5, 10, 15, 20 ans d’espérance de vie, fauchés parce que nous n’avions pas été capables, notre pays, les entreprises n’avaient pas été capables d’entendre les alertes qui existaient déjà dans de nombreux pays. Et nous sommes dans un pays où nous avons été les plus fauchés par l’amiante. Je ne vous dis pas,je ne vous pose pas la question de savoir qui étaient les gens qui sont morts par l’amiante, si ce n’est justement les salariés, les ouvriers de ces entreprises de l’industrie qui ont payé avec leur vie le fait de pouvoir travailler. Alors la santé, l’environnement c’est quelque chose de sérieux, que nous prenons au sérieux. Mais nous voulons aussi faire de la santé et de la prévention en direction des populations.  Vous le savez un des engagements principaux de François HOLLANDE c’est de nous dire qu’il veut agir pour les enfants, pour l’avenir et qu’il veut à la fois redresser cette société mais lui donner une perspective, c’est nous mobiliser autour de notre avenir, l’avenir de nos enfants, l’avenir et de nos petits-enfants.  Il le fait avec un effort éducatif, mais dans cet effort éducatif il veut inscrire aussi l’éducation à la santé et permettre que dans les postes, 60 000 postes dont il a parlé,il y ait bien sûr les enseignants mais qu’une partie de ces postes aussi soient réservés à des infirmières, des médecins, des éducateurs pour la santé à l’école au collège.  Ce sont des éléments essentiels.

Je parlais tout à l’heure des pathologies,  des difficultés qui existent encore chez les jeunes.  Et bien cela, avec du personnel, avec une volonté politique, on aura les moyens de traiter ces questions, en tout cas de les prévenir très tôt. Je pourrais aussi développer, nous aurons l’occasion de le refaire dans la campagne.  Jean-Marie, notre ami infirmier le rappelait tout à l’heure, il y a indiscutablement la nécessité de travailler autrement le maintien à domicile  des personnes âgées.  Il faudra engager une véritable révolution de la prise en charge des soins indépendamment des moyens financiers et cette question sera traitée plus largement à un autre moment par François HOLLANDE.

 

Francois Hollande  a eu aussi le courage de parler de santé mentale. Je sais qu’à Clermont beaucoup de nos concitoyens, peut être un certain nombre d’entre vous sont engagés dans le domaine de la psychiatrie, qui aujourd’hui est vraiment stigmatisée, méprisée par les pouvoirs publics avec même des évolutions du cadre juridique qui pose tout un tas de problèmes, une absence de regard réaliste sur ce qu’il faut faire.  C’est aussi une des  dispositions de politique de François HOLLANDE, que de parler de la santé dans les prisons parce que les prisonniers ont vocation à sortir de la prison.  Et lorsque leurs maladies n’ont pas été traitées et en plus aggravées, il y ades allers retours tout à fait problématiques entre la prison la maladie psychiatrique.  Et tout ceci n’est absolument pas pris en compte.  On nous parle de faits divers, on nous parle de violence alors que ne sont pas toujours pris en compte justement  les moyens nécessairespour qu’une politique de santé mentale vienne prendre en charge ces personnes avant qu’elles ne fassent de temps en temps mais pas forcément plus que d’autres, des actes de violence. Elles sont autant victime et même plus victime souvent qu’autre chose.

 Je crois que sur les questions de prévention je vous ai dit l’essentiel en vous disant maintenant évidemment ce que souhaite François HOLLANDE dans son programme pour la santé, non seulement c’est mieux prévenir, c’est mieux guérir. Dans ce mieux guériron en vient à la reprise des nombreux témoignages qui ici ont été évoqués pour dire que d’abord  c’est évidemment l’hôpital public qui a été le plus maltraité par Nicolas SARKOZYdepuis cinq, ans.  Il y a eu cette loi HPST qui a marginalisé les soignants dans la gestion au profit de pseudo gestionnaires, ceci a été dit.  Il y a eu une politique aveugle de mise en route réglée au plan financier avec pourtant des résultats tout à fait lamentables et il y a aussi eu une destruction du service public hospitalier y compris au plan juridique qui prépare en fait le projet de privatisation massive de nos hôpitaux qui risque demain d’être mis en pratique. Les parties les plus rentables de l’hôpital étant vouées à être prises en charge par les cliniques privées. Alors c’est dans ce cadre-là et vous voyez que tout est lié, je vais employer deux termes ce qui dira quelque chose aux hospitaliers qui sont ici.

 

 On a parlé de T2A c’est un terme tout à fait barbare mais on va dire que c’est une méthode de tarification qui vise la rentabilité pour l’essentiel, le profit en quelque sorte et qui favorise le passage au privé.  François HOLLANDEs’est très clairement prononcé pour dire qu’il fera évoluer la tarification à l’activité vers d’autres modes de tarification plus équilibrés qui prennent en charge plus globalement la personne.  Je réponds aussi à un certain nombre de sollicitations sur parcours de soins, de pathologies.Je parle là aussi aux hospitaliers avec une sauvegarde des MIGAC qui viennent aider les hôpitaux publics à remplir leurs missions de service public.  François HOLLANDE s’est prononcé très clairement pour le dépassement de la T2A vers d’autres zones de tarifications qui prennent en charge les besoins globaux du malade et qui sauvegardent les missions de service public de l’hôpital public.

 

Deuxième terme un peu barbare c’est ce qu’on a appelé la convergence, qui était une machine de guerre tarifaire pour rapprocher le public et le privé c’est-à-dire en fait privatiser le public et donc  là aussi il a dit aussi très clairement qu’il mettrait un coup d’arrêt définitif à cette problématique de la convergence. Cela devrait à la fois mettre un terme à ces politiques de privatisation de l’hôpital public et redonner de l’oxygène budgétaire à nos hôpitaux. Ce qui amènera évidemment à poser le problème de l’existence des hôpitaux de proximité.  Moi je vous suis très largement quand j’entends la manière dont ce dossier a été traité par des technocrates notamment avec des gens qui avaient des arrières pensées, qui ont un certain mépris pour la santé publique, qui s’intéressent essentiellement à la rentabilisation de notre système de santé. Indiscutablement il y a eu une absence totale de prise en compte au nom de critères bureaucratiques et technocratiques et un mépris pour le travail des équipes, réalisé sur le terrain des hôpitaux de proximité, dans le même moment où se développe la désertification médicale.

Je reviendrai sur la médecine de ville, la fameuse médecine libérale traditionnelle qui se rétracte. C’est quand même une politique parfaitement aveugle que de mettre à genoux les hôpitaux de proximité au même moment où la médecine qui a existé largement il y a dix ou quinze ans dans notre pays est aujourd’hui en plein recul. Là je ne peux pas prendre d’engagements généraux parce qu’en même temps la médecine ne cesse de se modifier.Le docteur CHARPENTIER parlait de l’évolution des techniques médicales de plus en plus spécialisées, et ceci peut amener à des regroupements et des mutualisations ne le cachons pas.  Et dans le même temps nous avons aussi des problèmes de démographie médicale qui se font sans doute à partir du moment où les jeunes médecins aujourd’hui ont une approche de leur vie personnelle qui se rapproche plus des normes habituelles de ce que nous faisons les uns et les autres. A partir de là il y a sans aucun doute des contraintes si on veut que les équipes de garde puissent être là 24 heures sur 24. Si on travaille plus de 70 heures par semaine, il faut un peu plus de gens, et s’il faut un peu plus de gens il faut sans doute les mutualiser et ceci amène à des mouvements, je n’en disconviens pas. Mais l’engagement que je veux dire et que je veux prendre devant vous, c’est qu’il faut cesser ce mouvement de destruction de l’hôpital de proximité sans tenir compte de la réalité de l’offre de soins sur le terrain. S’agissant de Clermont, moi j’ai été frappé quand même par le projet plein de bon sens y compris au plan  économique et médical  porté par la municipalité, par le Conseil régional, par le Conseil général, de ramener sur le même site l’hôpital psychiatrique et à côté l’hôpital général parce qu’il y la mutualisation des moyens donc des gains.  Je trouve particulièrement choquant qu’on ait fait miroiter depuis 4 ou 5 ans ce projet. Monsieur Xavier BERTRAND est un spécialiste des doubles discours et des mensonges.  Je ne veux pas polémiquer mais en tout cas ça s’en rapproche fortement d’avoir fait despromesses d’investir et que ça ne soit toujours pas fait.Je pense en tout cas que ce projet est un projet sérieux qui permet d’améliorer la qualité des soins et l’efficience, c’est-à-dire l’efficacité financière du projet.

 

Sur l’hôpital je voudrais dire aussi évidement que tout ne sera pas possible demain mais que François HOLLANDE  a particulièrement insisté sur l’idée d’un nouveau pacte social avec les hospitaliers, un pacte avec les professionnels de santé avec tous les acteurs  de l’hôpital.

Il est temps que le dialogue social reparte, c’est quelque chose de très important. Un mot aussi sur l’accès aux soins sur les territoires. Je vous l’ai dit, je pense sincèrement que l’absence de traitement de cette question va avoir des conséquences majeures d’accès aux soins pour nos compatriotes dans les années qui viennent. Nous avons aujourd’hui un système de soins où la moyenne d’âge je n’ose le dire, est de plus de 50 et de 55 ans, ce qui veut dire  que nous avons à faire à des professionnels, c’est vrai des hospitaliers mais c’est vrai aussi des libéraux, qui sont des professionnels harassés et dont on ne peut plus escompter qu’il y ait une espèce d’élasticité qui fasse qu’ils recommencent à travailler 70 heures par semaine pour répondre aux demandes des personnes. Et on ne se rend pas compte que c’est un processus qui fait boule de neige.  Par exemple on ne connait pas le cas du cabinet de Compiègne mais ça m’étonnerait que spontanément les 5 partent à la retraite en même temps.  Mais il est assez vraisemblable, c’est le cas que j’ai vu vingt fois, qu’il suffit qu’il y en ai deux qui partent à la retraite et que les trois autres disent « mais moi je ne peux pas rester là et prendre le travail de cinq ». Dans ces conditions je préfère aller travailler dans un hôpital ou dans la médecine du travail, mais je ne peux pas à trois faire le travail de 5. Voilà, et ça c’est le phénomène boule de neige.  C’est-à-dire que vous enlevez dans un endroit un ou deux médecins, dans des cantons vous enlevez un ou deux médecins et tous les médecins s’en vont  parce qu’ils disent on ne pourra pas tenir.

 

Voilà la réalité et ce phénomène là il est en train de se développer. Vous avez des technocrates qui nous expliquent que l’on a la moyenne de médecins sur le territoire qui est  une des plus importantes au plan historique. Ils ne comprennent rien à la réalité humaine.  Et quand les élus de tous bords d’ailleurs viennent ledire à l’Assemblée Nationale, encore il y une semaine pour la quatrième fois, les députés UMP jouent de la grosse caisse en disant faisons quelque chose pour essayer de résoudre ce problème des déserts médicaux. Ca suffit maintenant, c’est la 4ème fois qu’ils reviennent avec un texte qui est complètement édulcoré.  Moralité nous n’avons pas d’instrument pour régler ce problème, alors nous allons nous,  le mettre en œuvre. Je vous l’ai dit ce n’est pas en six mois ou en un an que l’on va résoudre le problème des désertifications médicales et pourtant il faut le faire et pourtant nous voulons le faire.  François HOLLANDE nous propose un plan d’installation  des jeunes médecins qui ne soit pas simplement de l’argent.  Ce gouvernement ne pense qu’en matière de fric, les seules valeurs auxquelles il se réfère. Votre témoignage Madame DELOBEL était très significatif. Que dit le gouvernement aux témoignages que vous avez entendus de ce jeune docteur ?Elle dit quoi, je veux bien travailler de qualité, dans un environnement humain et social mais j’ai le droit aussi à ma vie privée évidemment. Je veux aller là.  On lui dit allez là vous gagnerez plus, allez là vous gagnerez moins.  Mais ce n’est pas son problème, elle ne demande pas à gagner 10 % ou 15 % de plus en allant dans tel endroit ou dans tel autre.  Ce qu’elle demande si je ne me trompe, et si je poursuis vos propos, c’est des conditions de travail, j’allais dire scientifiques, humaines, sociales. Elle veut être aidé, ne pas passer son temps à faire de l’administration ou du secrétariat. Elle veut avoir un environnement, discuter avec d’autres collègues, avoir  accès au haut débit.  Je sais que c’est aussi un sujet qui est mis en œuvre par le Président du Conseil général.  Pour pouvoir échanger des informations, des radios, bref des examens avec des spécialistes qui peuvent se trouver à Amiens où dans d’autres grands hôpitaux parce que c’est comme ça qu’on travaille c’est comme ça qu’elle sait que la médecine de qualité se fait aujourd’hui. Et qu’est-ce qu’on lui répond ?  Si vous allez à tel endroit vous allez gagner 10 % de plus.  Ce n’est pas son problème.  Ce gouvernement ne pense que comme ça.  Il ne comprend pas les problèmes des gens, il ne comprend pas que les gens aujourd’hui veulent s’investir bien sûr qu’ils veulent être reconnus professionnellement.  Mais ils veulent s’investir et notamment c’est le cas de ces jeunes professionnels, ils veulent s’investir pour soigner leurs compatriotes dans de bonnes  conditions. De la même façon que la très grande majorité des salariés veulent travailler, que les chômeurs veulent travailler.  Et qu’est-ce que nous dit ce gouvernement ? Il nous dit défiscalisation des heures supplémentaires.  Il pense que la seule chose et que la seule reconnaissance c’est celle du fric parce que sa valeur c’est cela.

 

 C’est comme ça d’ailleurs qu’il a mené une politique économique sans aucun sens bien au-delà de la santé et qu’il nous amène aujourd’hui dans cette situation de catastrophe économique dans laquelle nous nous trouvons.  Ce n’est pas qu’il se soit trompé par hasard, il s’est trompé parce qu’il avait des orientations qui étaient erronées. Celles d’un monde qui ne vit que sur les orientations de l’argent et des plus grandes inégalités.  Mais là je m’éloigne de mon sujet.  Mais vous savez culturellement, psychologiquement, politiquement c’est la même chose, c’est la même façon de réagir. Alors nous essaierons de mettre en place ces politiques et nous mettrons aussi en place une politique de garantie d’accès aux soins.  Tout ne sera pas possible.  La situation économique est trop difficile. La situation financière que nous allons reprendre je l’espère, est très difficile.  Je ne veux pas avoir l’air ici trop arrogant, reprendre l’optimisme de nos amis.  Il reste trois mois. 

 

C’est vrai que nous sommes bien partis.  C’est vrai que les Français notamment depuis dix jours, regardent François HOLLANDE comme celui qui porte les espoirs.  Ils voient en lui un homme d’Etat qui apporte le changement, qui les écoute, qui est proche de leurs préoccupations.  Lorsqu’il s’adresse aux Français il leur parle d’eux, il ne leur parle pas de lui-même. Mes humeurs,est-ce que j’ai changé, pas changé.  Pour la quatrième fois, ce n’est pas ça que fait François HOLLANDE.  Il écoutece que disent  les Français.  Il leur fait des propositions.  Il a réfléchi, il a travaillé avec les Socialistes, avec les Radicaux avec d’autres. S’il a mis en œuvre aujourd’hui des propositions, il ne promet pas la lune.  Nous n’avons pas les moyens de promettre la lune,il propose un projet sérieux concret où il nous dit : nous allons nous mobiliser autour d’un certain nombre de valeurs.  Nous allons avancer au milieu des difficultés, nous pouvons être plus solidaires, nous pouvons enfin être plus justes. Est-ce que nous n’avons pas le droit à la justice au moment où nous allons demander à nos compatriotes de faire des efforts ?Au moment où en raison de la crise économique,  ils vont connaître de la souffrance ?Indiscutablement ils la connaissent aujourd’huiet tout ne sera pas résolu demain.  Mais nous voulons le faire avec le sentiment de la justice, avec une vision qui est celle de l’avenir.  Défendre l’essentiel.  Dans cet essentiel il y a l’éducation, il ya la santé.  Ce sont les valeurs pour lesquelles nous nous battons et c’est pourquoi dans cette campagne où tout commence, je vous appelle toutes et tous  à être les acteurs de ce changement.  A vous mobilier pour faire élire François HOLLANDE le 6 mai. 

Merci à tous.

 

 

 

 

 

 

 

Seul le prononcé fait foi.

Par Section Clermont - Publié dans : locale
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