Voici le discours du Maire de Clermont prononcé lors de la
cérémonie des voeux du vendredi 8 janvier 2010 (en intégralité) :
Monsieur le Sous-préfet,
Monsieur le Sénateur,
Monsieur le Président du Conseil Régional,
Monsieur le Président de la Communauté de Communes,
Mesdames, Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs les représentants des administrations et des entreprises,
Mesdames, Messieurs, chers concitoyens,
Je vous remercie d’être venus si nombreux encore, cette année, à l’occasion de la traditionnelle
cérémonie des vœux.
Permettez-moi, au nom de la Municipalité, et en mon nom personnel, de vous souhaiter une très bonne
année 2010. Qu’elle vous apporte santé et sérénité.
Je souhaite également à Clermont et à son territoire, de poursuivre son développement, dans un
contexte qui s’annonce difficile sur le plan économique, et agité d’un point de vue administratif.
La cérémonie des vœux du Maire est un exercice délicat, attendu par la population, comme par nos
partenaires institutionnels.
Depuis de nombreuses années, à Clermont, il s’agit d’un moment fort de la vie locale.
J’ai souhaité continuer dans cette tradition, parce que j’y accorde, moi-même, une importance
particulière, dans la fonction élective que j’occupe depuis bientôt six ans.
Je refuse d’en faire un exercice d’autosatisfaction, d’autocélébration. Je refuse d’en faire
également, vous commencez à me connaître, une parenthèse consensuelle, où soudainement on pourrait croire que tout le monde est uni pour le bien
commun.
Le discours des vœux est là pour montrer la cohérence de l’action municipale, pour retracer les
grandes lignes d’une politique qui pourrait, au quotidien, apparaître comme une suite de décisions sans liens.
Nos idées-forces demeurent les mêmes, celles qui ont été présentées et approuvées par une large
majorité de Clermontoises et de Clermontois en 2008.
Or, la pratique politique locale est, quoiqu’on en dise, suspendue à une réalité économique globale
et à un contexte politique national, que l’on ne peut ignorer, sans tomber dans l’hypocrisie et le double langage.
-----------------------------
L’aube d’une année nouvelle est, généralement pour chacun, l’occasion de tirer un bilan de ce qui a
été réalisé, et de tracer des perspectives de ce qui reste à accomplir.
Il s’agit donc de prendre de la hauteur par rapport au travail quotidien, tout en restant cependant
les pieds bien ancrés dans la réalité.
Bilan et perspectives, c’est ce que, Elisa et Pierre, élus du conseil municipal enfants, nous ont
présentés, avec leurs mots, il y a quelques instants. Leurs actions sont concrètes, utiles aux plus jeunes comme à l’ensemble de la population.
Soyez persuadés que les élus adultes gardent le même enthousiasme, le même volontarisme, même si les
projets que nous menons sont parfois plus longs et plus compliqués à faire naître.
---------------------------------
Alors des réalisations à saluer, l’année 2009 en a été plutôt riche. Je ne reviendrai dessus que
rapidement, en rappelant essentiellement quelques chiffres, là aussi pour garder contact avec la réalité et placer ces innovations dans un contexte budgétaire précis.
Nous avons eu la fierté d’inaugurer cette année notre centre socioculturel, dans un quartier des
Sables rénové par les travaux de l’OPAC, pour lesquels, avec la communauté de communes, nous avons apporté notre contribution.
Le centre socioculturel de Clermont est déjà, après quelques mois d’activités, un lieu reconnu, où
les associations, les jeunes, les familles, trouvent accueil, écoute et disponibilité, propices aux rencontres, aux regards croisés, aux échanges, bref à ce qui peut faire vivre les gens
ensemble.
L’écueil, dans lequel l’équipe de professionnels ne devra pas tomber, est de deux ordres : ne
pas sombrer dans la routine, en cherchant toujours des idées innovantes dans les projets des uns et des autres, et ne pas gérer un lieu où beaucoup de monde se croiserait certes, mais sans
vraiment jamais se rencontrer. C’est un défi difficile, dans une société où prime l’individualisme. Mais c’est un travail nécessaire pour maintenir, à notre échelle locale, la cohésion de la
société.
Nous avons consacré et consacrons chaque année des efforts budgétaires importants à cette cause, car
elle est la traduction de notre volonté de faire de Clermont une ville active où chacun peut trouver loisirs, activités, rencontres culturelles à son goût.
La construction et l’aménagement intérieur de cet espace de 1300 m2 auront représenté un
investissement de deux millions d’euros, essentiellement subventionnés à hauteur de 872 000 € par le conseil régional de Picardie dans le cadre du Contrat Régional
d’Agglomération.
Les 43 agents, qui tout au long de l’année font vivre ce service, depuis l’accueil périscolaire dans
les écoles, aux points informatiques, en passant par les centres de loisirs ou les espaces jeunes, représentent une dépense de fonctionnement de plus d’un million deux cent mille euros par an.
Bien entendu nous recherchons, pour la plupart des activités, des subventions, au titre de la famille ou de la prévention de la délinquance.
Car ces dépenses relèvent aussi de la prévention, et nous préférons agir sur ce domaine de plus en
plus déserté par l’Etat, plutôt que de développer par exemple les services de la police municipale. A mon sens, la sécurité des biens et des personnes est d’abord une prérogative de l’Etat, et je
tiens à saluer ici les efforts de nos gendarmes, qui ont à gérer des formes endurcies de délinquance dans notre secteur. Je pense avec émotion bien entendu à ce moment aux commerçants
clermontois, qui ont été victimes d’agressions à mains armées ces dernières semaines. Prévention et répression ne doivent pas être opposées, les deux sont nécessaires dans une société
démocratique, et la collaboration entre notre collectivité et la gendarmerie montre que nous savons dépasser ces vaines querelles. Nous avons ainsi depuis quelques jours acquis et mis à
disposition de la brigade de gendarmerie de Clermont, à sa demande, trois VTT, afin de faciliter la mobilité des militaires dans certains secteurs de la commune.
---------------------
2009 aura vu aussi la naissance de l’épicerie sociale « Coup de pouce », qui fonctionnait
jusqu’alors dans un local peu approprié.
Un investissement de 320 000 € a été nécessaire, pour aménager dignement un bâtiment qui sert à
la vente de produits de première nécessité, mais aussi à la rencontre entre des travailleurs sociaux de différentes institutions et une partie de notre population, particulièrement affectée par
la crise économique. Là encore des partenariats financiers ont pu être trouvés : 30 % auprès du conseil général de l’Oise et 10 % par la CAF.
A l’année, l’épicerie consacre une aide directe de 35 000 €, somme qui devrait croître avec
l’aggravation constatée des chiffres du chômage.
Voici une représentation concrète de la solidarité à Clermont.
Un autre investissement majeur de 2009 marquera durablement notre commune : je veux évoquer ici la
fin des travaux de rénovation du centre ville.
Gigantesque chantier commencé en 1996 au pied de l’église Saint-Samson, poursuivi tranche par
tranche, en fonction des disponibilités budgétaires de la commune, nous l’avons mené à bien jusqu’au bas de la rue de la République, refaisant même, grâce à une baisse des coûts des matériaux, la
rue Georges Fleury menant à la Sous-préfecture.
Je voudrais ici saluer l’excellent travail initié par le maître d’œuvre, qui, avec professionnalisme,
disponibilité et souplesse a su gérer les souhaits de la Municipalité, la concertation avec la population, et la coordination des entreprises intervenant sur ce chantier, qui aura suivi, vous le
savez, les travaux initiés auparavant par la communauté de communes pour nous apporter un réseau d’assainissement tout neuf.
Aujourd’hui ce chantier est derrière nous, à quelques branchements électriques près. Le centre ville
est transformé. La valeur esthétique du travail est reconnue et appréciée, tandis que le changement de sens de circulation de la sacro-sainte automobile, dans cette rue qui est le cœur de la
commune, a eu peu de détracteurs, comme le laissait supposer les réunions de concertation avec la population et avec les commerçants. Je voudrais saluer ici la patience de ceux-ci, car ils ont
vécu des mois difficiles. Et je voudrais aussi leur rappeler que ces investissements coûteux visent à améliorer l’image de notre centre, à inciter les gens à le fréquenter.
Les fameuses bornes de stationnement « 30 minutes », qui ont coûté 26 000 € à la
collectivité est un exemple de notre écoute et de notre compréhension des contraintes du commerce en ville.
Mais je rappellerai que transformer le badaud en consommateur est le travail des commerçants et d’eux
seuls. La majorité s’en acquitte avec beaucoup de goût et de professionnalisme, avec la qualité de l’accueil, du produit et du service. D’autres devraient réfléchir, avant de sortir leurs
poubelles en plein après-midi ou d’adopter des horaires d’ouverture élastiques.
Nous avons tous besoin, commerçants comme habitants, d’un centre-ville dynamique. C’est pourquoi,
avec la Chambre de Commerces et d’Industrie de l’Oise, nous allons signer une convention d’action pour accompagner le commerce de centre-ville, avec pour objectif de déclencher un financement
FISAC (fonds d’intervention pour la sauvegarde de l’artisanat et du commerce).
La ville va d’abord financer une étude réalisée par la Chambre, qui apportera un diagnostic sur la
structure du commerce dans notre bassin de vie et élaborera des pistes de développement du commerce et de l’artisanat. Cofinancée par l’Etat, cette étude coûtera 8000 €.
Nous poursuivrons cette année encore l’aide à la réfection des vitrines, comme nous l’avions déjà
fait pour la restauration des façades des maisons.
Le succès qui a salué les travaux d’embellissement de la rue de la République emporte l’enthousiasme
aussi des riverains des rues périphériques. Et il est vrai que, par contraste, désormais, quelques rues proches de l’hyper-centre apparaissent plus sombres. Aussi, d’autres travaux seront à
envisager dans les années à venir : rue Grévin, rue de la Porte Nointel, rue du donjon par exemple.
D’autres investissements comme l’acquisition d’une balayeuse de 125 000 €, ou d’un camion
pour 109 000 €, d’autres dépenses d’entretien, qu’il serait trop long et fastidieux d’énumérer ici, ont été consentis par le budget communal. Mais d’autres types d’action sont à relever
également.
L’an dernier, à cette même place, je vous annonçais la création imminente du conseil local de
développement durable. Dans l’année, nous avons créé ce que je vous avais annoncé.
Cette nouvelle instance est d’abord inspirée par la philosophie liée au développement durable, qu’il
serait réducteur de résumer à l’écologie. L'objectif du développement durable est de définir des schémas viables, qui concilient les trois
aspects économique, social, et environnemental des activités
humaines.
C’est sur ces trois piliers que reposent les débats et réflexions ouverts
au sein de ce conseil, qui nous oblige, nous élus, à élargir notre champ de vision à des problématiques, qui nous sont rappelées par ces concitoyens venus d’horizons divers, choisis pour siéger
dans cette instance.
Mise en valeur du patrimoine, déplacement dans la ville, économie solidaire, éducation à
l’environnement sont actuellement les quatre thèmes dont se sont saisis les membres du conseil depuis septembre dernier.
Il est bien entendu trop tôt pour tirer un premier bilan. Pourtant l’existence même de ce conseil
bouscule les habitudes, oblige les services municipaux comme les élus à redéfinir les processus de décision. Et déjà, rien qu’en cela, l’effet est positif. Nous accompagnons maintenant les
membres de ce conseil pour passer des idées aux projets.
Remarquons au passage que des élus de plusieurs communes du département se sont montrés intéressés
par cette nouvelle expérience.
En évoquant tout à l’heure les trois principaux investissements de l’année, nous avons parlé de
2 336 000 € de dépenses qui ont alimenté une économie très au ralenti.
Car 2009 aura été aussi une année marquée par un contexte national difficile : une crise
économique comparée à celle de 1929, des réformes administratives menées au pas de charge devant les caméras et à la philosophie dangereuse.
Nous avons répondu à l’appel du chef de l’Etat, en participant à la relance de l’économie, car nous
sommes persuadés que c’est l’un des rôles de la puissance publique, en temps de crise.
Et nous voyons là d’ailleurs une contradiction dans la pensée libérale du président de la République
sur le rôle de l’Etat. Car enfin, alors qu’il salue dans ses discours le modèle social français comme bouclier salutaire à la crise, il ne cesse de réformer, en cassant ce même modèle
social.
Quelques uns d’entre vous se demandent peut-être ce que ces propos viennent faire dans un discours
local… Ce sont les mêmes, généralement, qui font du mot « politique » un gros mot, comme une perversion de la démocratie alors même qu’il en est un des rouages essentiels.
Comprenez, Mesdames et Messieurs, que je ne suis pas contre la réforme des politiques
publiques.
J’ai bien conscience que les dépenses publiques doivent être toujours mieux pensées et que des
économies restent à trouver, car les prélèvements sur les familles ne cessent d’augmenter et deviennent insupportables.
Ceux qui suivent ce qui se passe à Clermont savent que c’est un leitmotiv, depuis que je suis arrivé
à cette fonction de Maire : ne pas augmenter les impôts locaux. C’est ce que nous avons fait depuis cinq années maintenant, en gelant les taux des taxes foncières et taxes d’habitation
proposés au conseil municipal.
Ceux qui suivent ce qui se passe à Clermont savent aussi que les dépenses ne sont pas somptuaires,
que l’enrobage de nos actions n’est pas une de nos priorités. On nous en ferait presque le reproche, en nous soupçonnant pour les plus excessifs de manquer d’ambition pour notre
commune.
A Clermont, depuis peut-être plus longtemps qu’ailleurs, nous sommes attentifs au contenu et au
niveau de nos dépenses. L’apport de la taxe professionnelle ayant de tous temps été faible dans le budget communal, les maires qui se sont succédé depuis près de trente ans savaient que les
efforts étaient principalement portés sur les ménages.
Or, lorsque je regarde les réformes initiées par le chef de l’Etat sous prétexte de faire des
économies, je vois surtout un démantèlement du service public, un coup mortel porté au fameux modèle social français. J’y vois une application
finalement brutale et idéologique du libéralisme, là où on nous vante du pragmatisme et de l’efficacité.
Et cette duperie est ignoble, car elle se fait toujours sur le dos des mêmes.
Encore une fois, je ne suis pas contre la réforme de nos institutions administrative et politique.
Mais qui va croire, par exemple, que la réforme de la carte judiciaire sera source d’économie pour l’Etat ?
A Clermont, un bâtiment appartenant au conseil général de l’Oise et abritant le tribunal est
désormais fermé. La justice d’instance, les nombreux dossiers de tutelles liées à la principale activité locale sont traités depuis cette semaine à Beauvais, où rien n’est prêt pour accueillir
les équipes. Des constructions, des aménagements seront nécessaires.
Certes, la justice pourra encore être rendue dans notre ville, mais à la condition que nous, mairie,
nous fassions des dépenses pour accueillir ce qui s’appellera des audiences foraines. Nous avons déjà reçu un courrier en ce sens. Alors bien sûr, nous mettrons régulièrement, au service de la
justice, des locaux et des moyens matériels pour fonctionner, mais où sont les économies pour les contribuables ?
Si nous évoquons maintenant la réforme de la carte sanitaire, là nous trouvons certainement
l’application de logiques implacables, selon lesquelles moins l’hôpital aura de moyens financiers, moins les dépenses seront élevées. La suppression des lits d’hospitalisation dans le secteur
public se poursuit. Aller toujours plus loin pour se faire soigner, dépenser toujours davantage pour avoir accès aux soins, est-ce cela faire des économies pour la population ?
Je veux dire ici combien nous soutenons le combat de Claude GEWERC pour mener à bien la
reconstruction de l’hôpital général qui sera garante de la pérennité de l’établissement. Et je sais qu’avec les équipes administrative et médicale des efforts sont réalisés au quotidien pour
rendre crédible la sauvegarde et le développement de cet hôpital. (500 NAISSANCES EN 2009)
Là encore, la philosophie qui sous-tend le projet Bachelot ne va pas dans le bon sens à mes
yeux.
Prenons maintenant la réforme des collectivités territoriales, qui nous est présentée comme un
allègement des charges, tant le nombre d’élus serait important et le fameux « mille-feuilles » administratif soudainement compliqué.
On pourrait trouver-là quelques relents poujadistes nauséabonds, dans les discours
entendus.
La réforme territoriale supprimera le conseiller général et le conseiller régional pour faire naître
un nouvel élu territorial qui siègera dans les deux collectivités. Qui peut sérieusement prétendre que des économies seront ici réalisées ? S’agit-il d’évoquer les indemnités des élus, alors
même que celles-ci ne représentent qu’une part infinitésimale des budgets de ces collectivités ? A droite comme à gauche, de nombreux élus locaux s’interrogent sur le sens de ces projets et
ses conséquences sur le terrain.
Alors que de vraies réformes seraient effectivement nécessaires dans le but d’améliorer l’action
publique tout en réduisant ses dépenses.
Y aura-t-il un gouvernement pour prendre à bras le corps le problème de la multiplicité des communes
et de l’enchevêtrement des structures de coopération intercommunale ? N’y a-t-il pas des économies à réaliser dans la mutualisation des moyens matériels et humains ?
Le MEDEF a obtenu gain de cause avec la suppression de la taxe professionnelle. Quel que soit ce qui
remplacera cette taxe, ce qui ne sera plus payé par les entreprises devra bien être cherché ailleurs ! Et là on devine vite qui seront encore visés : vous !
Dans le Clermontois où la taxe professionnelle était perçue directement par la communauté de
communes, nous allons devoir tous ensemble chercher des solutions. Il nous faudra pallier la baisse des recettes due à cette réforme fiscale, sans pour autant baisser la qualité de nos services
publics.
J’ai noté avec intérêt hier soir la proposition d’Alex SEGHERS d’entamer une réflexion entre les élus
et la population sur l’avenir de notre communauté de communes dans les décennies à venir.
Peut-être devrons-nous plus tôt que prévu nous donner les moyens de nous transformer en communauté
d’agglomération, ce qui nous ouvrirait de plus avantageuses dotations de l’Etat ?
Peut-être devrons-nous revoir l’organisation de nos administrations respectives, afin de faire des
économies d’échelle ?
Bref, effectivement, des réformes sont nécessaires au niveau national pour inciter les différents
échelons des collectivités à mieux travailler ensemble, mais des initiatives locales seront tout aussi nécessaires si nous voulons continuer à bâtir ensemble, au cœur de l’Oise, un territoire
original où il fait bon vivre et travailler.
-----------------------
Alors malgré toutes ces incertitudes administratives et financières qui planent au dessus de nos
têtes, il faut bien que nous nous projetions dans l’avenir. Car sans réellement savoir ce que chacun des partenaires financiers sera en mesure de nous octroyer, nous devons continuer à construire
des projets, pour faire avancer notre ville et notre territoire.
Amélioration du cadre de vie, entretien des voiries et bâtiments communaux, animations, soutien au
mouvement associatif et au commerce de proximité seront au cœur de nos préoccupations en 2010 à Clermont.
L’amélioration du cadre de vie ne répond pas simplement à une vision d’esthète, détachée des
problèmes locaux. Les différents chantiers que nous entreprenons à travers la ville ont d’abord un intérêt économique direct, en faisant vivre des entreprises de la région. Par ailleurs, embellir
la cité, la rendre accueillante ne peut que donner de la fierté à nos concitoyens et leur rendre l’envie de mieux vivre la ville. Enfin, il s’agit d’une responsabilité de notre génération
d’entretenir un patrimoine architectural et naturel remarquable.
La consolidation des ruines du donjon médiéval de Clermont sera poursuivie cette année. Le dégagement
des éboulis, la réfection des murs doivent nous permettre d’utiliser cet espace majestueux, dans le prolongement de la promenade du parc du Chatellier. Un million d’euros auront été consacrés ces
deux dernières années à cette tâche, financée à 50% par le département et à 30% par l’Etat. Des parties encore inconnues jusqu’alors ont été découvertes sur et sous le bâtiment. Une nouvelle
campagne est à l’étude cette année, pour une enveloppe estimée à la moitié de la précédente, soit 500 000 €. Si nos partenaires financiers suivent dans les mêmes proportions cette dernière
tranche, nous aboutirons à nos souhaits : rendre accessible au public et faire revivre le sommet de notre colline, à l’origine de la ville de Clermont.
La restauration du parc du Chatellier, préparée dans la concertation par un bureau d’études
spécialisé, doit cette année faire l’objet d’un montage administratif et financier. Le site étant classé, les autorisations de travaux doivent recevoir l’aval du Ministère de la Culture. Là
encore le contexte budgétaire des uns et des autres sera maître du calendrier de ce projet que nous ne pouvons porter seuls.
Un parcours des roses sera inauguré à l’approche de l’été, menant les promeneurs depuis le quartier
de la gare jusqu’au pied du Donjon. Notre partenariat avec un pépiniériste spécialisé en roses anciennes se resserre et une nouvelle variété de rose porte désormais le nom de « Belle de
Clermont ». Elle agrémentera les futurs massifs et jardinières à travers la cité. Même si nous ne sommes pas adeptes des récompenses diverses que peuvent recevoir les communes pour surtout
agrémenter la communication des élus locaux et qui servent le temps d’une belle photo dans la presse, nous souhaiterions évaluer le parti pris que nous avons adopté en privilégiant, vous le
savez, des critères respectueux de l’environnement, pour agrémenter nos massifs. Fleurs vivaces, paillage, faible consommation d’eau, seront donc présentés cette année au jury de concours des
villes fleuries.
La réfection des voiries et bâtiments communaux est une constante de la bonne gestion d’une commune,
vous en conviendrez. Pour ce qui est des rues, les conditions climatiques des deux dernières années ont créé d’importants dommages. Nous avions dès 2009 refait entièrement la rue Philippe de
Beaumanoir et nous devrons porter nos efforts sur d’autres voies, pour stopper la création de ces fissures et trous qui s’aggraveront, en n’en pas douter, dès la fin de l’hiver.
En dehors de cet entretien courant, deux carrefours seront transformés au cours de cette année. Pour
un coût de 300 000 €, ce sera d’abord la place Camille Sellier : après la création d’un giratoire provisoire qui satisfait tout le monde, nous allons pérenniser l’aménagement et nous avons
préféré différer sur 2010 l’investissement, car des contre-allées vont compléter le dispositif actuel, devant Pôle Emploi et devant la Mission Régionale. De nouvelles places de stationnement
sécurisées vont apparaître, ainsi que des espaces de circulation pour deux roues. Ce sera la préfiguration de pistes cyclables, qui deviendront nécessaires dans les rues menant au collège Fernel
comme à la Piscine du Clermontois.
L’autre carrefour que nous devrions terminer si les financements attendus sont obtenus : le
croisement des rues de Béthencourtel et de Rotheleux. Des édifices menaçant ruine au pied de ce carrefour ont été incorporés dans le domaine de la ville. Leur démolition nous permettra d’élargir
la voie et de sécuriser la circulation des automobiles et des piétons.
La sécurité routière a été un thème largement évoqué dans la presse, ces derniers mois, avec deux
accidents heureusement sans victimes rue Pierre Viénot. Il y a quelques années des aménagements durs avaient été installés dans cette entrée de ville, afin de casser la vitesse des automobilistes
au comportement incivique et dangereux. Nous avons missionné un bureau d’études en vue de proposer un aménagement moins artisanal et plus efficient, encore que la bêtise humaine n’est
malheureusement pas dissoluble dans des réponses techniques !
-----------------------------
La gestion du patrimoine immobilier de la commune requiert la même attention que celle de la voirie.
Si nous nous sommes résolus à vendre une maison rue de Paris devenue sans affectation, nous raserons cette année l’ancienne salle Van Broekhoven pour y aménager un parking face à l’école Pierre
Viénot.
La salle Pommery dans laquelle nous sommes doit, elle, faire l’objet de rafraîchissement, et des
subventions seront demandées pour la réfection de sa couverture et du faux-plafond actuellement à l’étude.
Le programme pluriannuel sur les écoles se poursuit cette année, avec l’isolation extérieure de la
primaire des Sables et l’agrandissement de la maternelle Belle Assise.
L’aménagement des espaces extérieurs du centre socioculturel sera réalisé au printemps, pour un coût
de 425 000 €. Des aires de jeux pour nos jeunes enfants seront installées et les abords du centre socioculturel seront embellis et
sécurisés.
J’ai particulièrement mis l’accent sur les travaux cette année, pour vous montrer à quel point, notre
commune, comme l’ensemble des collectivités territoriales bien entendu, ont un rôle primordial dans l’économie, et que dépenses publiques ne signifient pas gabegies, comme certains voudraient
nous le faire croire.
Alors l’action d’une commune ne se résume pas à l’aménagement et à la construction. L’animation, la
vie culturelle, le soutien au mouvement associatif sont aussi des axes que nous travaillons.
Je voudrais souligner particulièrement ce soir dans le domaine de l’éducation et de la culture, la
mise en place d’un Contrat Local d’Education Artistique, en partenariat avec l’Education Nationale et la Direction Régionale des Affaires Culturelles. Cinq classes des écoles primaires se sont
inscrites dans cette démarche, avec deux acteurs culturels régionaux de renommée, le théâtre du Beauvaisis et l’Association Diaphane.
Je remercie les enseignants qui se sont engagés dans ce dispositif, qui apporte l’action culturelle
auprès de leurs élèves.
La culture se porte bien à Clermont, même si nous n’entendons pas rivaliser avec les grandes villes
qui disposent d’infrastructures dédiées. Vous le savez, au printemps, deux grands rendez-vous vous attendent notamment : le festival « divers et d’été » et les
Zicophonies.
La 3e édition du festival « divers et d’été », les 12 et 13 juin, ne manquera
pas de retenir votre attention, avec encore plus de troupes présentes sur le Parc du Chatellier. Au-delà du spectacle de qualité que nous vous proposerons, je voudrais souligner l’élan commun qui
anime de nombreuses personnes autour ce projet sur l’ensemble du Clermontois. Actuellement 400 enfants de la communauté de communes répètent une « Batucada », défilé sonore qui
traversera les rues de Clermont, en ouverture du festival le samedi 12 juin. C’est cette philosophie du partage, de la Fraternité qui fait de ce festival un moment fort et dense pour les
habitants du centre-Oise.
Les Zicophonies sont elles un exemple brillant de l’initiative des associations locales. En
partenariat avec la Mairie, avec le Conseil Régional, ce festival rock est devenu incontournable au fil des ans. Après la Grande Sophie l’an dernier, ce sera Jacques Higelin qui chantera ici
même, devant, j’en suis sûr, plusieurs générations de fans. Dans un esprit d’ouverture, d’aide aux groupes régionaux, et aussi de volonté de voir des têtes d’affiches nationales se produire sur
la scène clermontoise, le CLAJ exprime parfaitement notre souhait de fédérer les enthousiasmes et d’offrir de la qualité à nos concitoyens. La Municipalité suit donc financièrement les évolutions
budgétaires de cette manifestation très attendue.
Je voudrais remercier ici l’ensemble des responsables et bénévoles des associations locales qui
participent pleinement à l’animation de la ville. A l’automne, nous organiserons, comme nous nous y étions engagés, un forum des associations, au cours duquel nous refonderons les relations entre
nous.
Nous consacrons chaque année presque 300 000 € de subventions au mouvement associatif, sans
compter les aides matérielles.
Les Clermontois peuvent être ainsi fiers de leurs clubs sportifs. Certaines disciplines se montrent
particulièrement brillantes. En 2009, nous avons vu le cyclisme décrocher une médaille d’or et deux médailles de bronze aux jeux olympiques handicapés, une équipe de tennis féminine accéder au
niveau national, l’équipe de hand-ball remporter la coupe de l’Oise, le club de football atteindre la division d’honneur, ce qui était attendu depuis longtemps, d’excellents résultats en karaté,…
bref, au risque de contrarier quelques présidents de clubs, j’arrêterai là une liste qui fait la fierté de notre commune. Nous nous donnons de toute façon l’occasion, au cours de l’année, de
récompenser les associations sportives pour leurs résultats, en allant spécialement à leur rencontre. Un grand merci aux responsables pour leur dévouement, pour la part éducative qu’ils prennent
dans le plaisir de faire découvrir aux jeunes et aux moins jeunes leur discipline. Qu’ils sachent par ailleurs que nous allons installer huit défibrillateurs dans les points principaux de la
ville (stade, salle de fêtes, hôtel de ville notamment), afin de sécuriser les grands rassemblements de foules.
Permettez-moi enfin de remercier particulièrement tous celles et tous ceux qui oeuvrent au quotidien
pour servir notre commune et ses habitants : les maires-adjoints, les conseillers municipaux. Mais mon équipe ne serait que peu de choses sans la compétence du personnel communal qui
s’investit pleinement au quotidien dans sa mission de service public de proximité. Les intempéries de ces derniers temps ont montré sa réactivité, même si tout n’est jamais parfait et même s’ils
ne peuvent être partout en même temps.
J’en profite également pour remercier nos partenaires institutionnels, je pense notamment aux
services de la sous-préfecture, à ceux de la communauté de communes ou encore de la gendarmerie et des pompiers.
Arrivant à la fin de mon discours, je ne peux passer sous silence l’élection majeure qui aura lieu au
mois de mars. Vous l’aurez compris, je veux parler des élections régionales.
Cette élection revêt une importance particulière, ici à Clermont, car mon ami Claude Gewerc est
candidat à sa succession. Il aborde cette élection avec humilité et combativité, fort d’un bon bilan.
J’apporte mon soutien à Claude et je prendrai une part active à sa campagne que je souhaite
victorieuse, afin qu’il puisse continuer à œuvrer pour le bien de la Picardie.
Je vous renouvelle mes vœux de bonne année, que vos projets soient couronnés de succès, que votre
santé vous permette de profiter pleinement de la vie.
Bonne année à toutes et à tous.
Bonne année à Clermont.
-------------------------------------------------
Je vous remercie de votre attention et permettez-moi, selon la tradition républicaine, de vous
inviter à boire le verre de la fraternité.
Lionel OLLIVIER
Maire de Clermont